LETTRE OUVERTE À MME CATHERINE PÉGARD LA MINISTRE DE LA CULTURE

Paris, le 27 juillet 2026

Objet : conséquences de la création de la foncière de l’État sur les moyens de fonctionnement des services, musées, monuments et domaines du ministère de la Culture. Nécessité d’une exception culturelle concernant l’immobilier de l’État.

Madame la Ministre,

Le 21 juillet dernier, le Parlement a définitivement adopté la proposition de loi créant une « foncière de l’État », un nouvel établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) qui deviendra propriétaire, à titre gracieux, du patrimoine immobilier public occupé par les services et opérateurs de l’État, dont ceux du ministère de la Culture. Les administrations occupantes devront désormais verser un loyer pour l’usage de leurs locaux.

Sous prétexte de modernisation, de réduction des dépenses publiques et de rénovation énergétique, cet EPIC, sous la tutelle de Bercy, aura pour mission la gestion, l’entretien, la rénovation, la vente et le transfert de propriété. Le propriétaire (« État-propriétaire », à savoir l’EPIC) et l’utilisateur (« État-occupant ») seront ainsi distincts et, surtout, un loyer sera facturé aux locataires, dont le montant sera évalué par l’EPIC. La loi prévoit le transfert à titre gratuit de biens immobiliers de l’Etat, la liste de ces biens étant fixée par décret. Le principe fondamental d’un EPIC étant la recherche de l’équilibre financier, voire des bénéfices, les diagnostics et les travaux de rénovations seront financés à court terme par des ventes et à long terme par les loyers. L’établissement sera dénommé « Établissement public immobilier et foncier de l’État »… EPIFE.

Le SNAC/ FSU Culture souhaite, par cette lettre ouverte, alerter publiquement sur les conséquences très concrètes que ce nouveau modèle est susceptible d’avoir sur le fonctionnement quotidien de nos services, de nos musées, de nos monuments et de nos domaines nationaux.

Des loyers qui viendront directement réduire les crédits de fonctionnement

Un budget de fonctionnement, quel qu’il soit, ne s’étire pas. Chaque euro versé en loyer à la foncière sera un euro qui ne sera plus disponible pour restaurer une œuvre, organiser une exposition, financer une campagne de fouilles, ou tout simplement chauffer et entretenir un bâtiment. Il ne s’agit pas d’une dépense nouvelle qui s’ajouterait à un budget élargi en conséquence : c’est un nouveau poste de dépense qui viendra ponctionner, à budget constant ou en baisse, des crédits déjà fragilisés après plusieurs années de restrictions.

La pression pour occuper des locaux plus petits ou moins bien situés

Le raisonnement porté par les promoteurs de la réforme est également simple : puisque chaque mètre carré aura désormais un coût visible et facturé, chaque service sera incité à réduire sa surface, à la mutualiser avec d’autres, ou à s’installer dans des locaux moins coûteux. Si la piste de la mutualisation et de la rationalisation des espaces peut être justifiée pour certaines administrations, centrales ou déconcentrées, nous vous alertons des risques pour les services et établissements du ministère de la Culture. Alors que de nombreuses UDAP et plusieurs DRAC ont déjà déménagé ces dernières années et dû abandonner des locaux à haute valeur patrimoniale pour rejoindre des cités administratives, nous demandons un moratoire pour ces projets. Il n’est pas aberrant que des services chargés de protéger et faire vivre le patrimoine soient hébergés dans des Monuments Historiques, les éloigner des cœurs de ville historique, des acteurs et des partenaires privés et publics affaiblirait encore un peu plus ces services.

Problématique propre au ministère de la Culture : des bâtiments anciens, protégés, avec des volumes difficiles à optimiser

Le ministère de la Culture n’est pas un ministère comme les autres au regard de cette réforme. Contrairement à d’autres administrations, logées dans des immeubles de bureaux standards, une large part de nos services occupe des bâtiments anciens, souvent protégés au titre des monuments historiques : hôtels particuliers, ailes de châteaux, communs de domaines, abbayes, casernes réaffectées. Ces bâtiments ont des qualités patrimoniales évidentes, mais, par leur nature, mal adaptés à un usage de bureaux moderne : grandes salles non cloisonnables, plafonds hauts et coûteux à chauffer, contraintes strictes de conservation qui interdisent toute modification lourde des volumes, accessibilité parfois limitée, impossibilité de densifier l’occupation comme on le ferait dans un immeuble de bureaux classique.

Nous posons donc plusieurs questions concrètes à votre administration :

Le ministère de la Culture aura-t-il la capacité de peser sur le choix des biens que l’État, par décret, transférera à ce nouvel établissement ?

Comment le loyer sera-t-il calculé pour un bâtiment classé, dont une large partie des surfaces (grands salons d’apparat, circulations monumentales, combles non aménageables) ne peut, par nature, être transformée en poste de travail ? Ces surfaces « mortes » au sens administratif seront-elles incluses dans l’assiette du loyer, au risque de faire payer au ministère un loyer sans rapport avec la surface réellement utile à ses agent·es ?

Les contraintes de conservation, qui empêchent toute optimisation de l’espace, seront-elles prises en compte dans la définition du loyer, ou le ministère devra-t-il payer le même tarif qu’un occupant d’un immeuble de bureaux ordinaire, parfaitement modulable ?

Qui financera, en cas de désaccord sur le montant du loyer, les études et diagnostics préalables (état technique, conformité réglementaire, performance énergétique) prévus par la loi avant tout transfert de bien ?

Qui arbitrera entre la valeur symbolique et patrimoniale d’un bien et les éventuels surcoûts de gestion ou de rénovation d’un bâtiment historique par rapport à un bâtiment tertiaire aux normes actuelles ?

Le cas des musées et domaines nationaux : quel loyer pour l’hôtel de Cluny ?

Alors que la presse et les commentateurs n’évoquent que la question des locaux administratifs, la loi concerne bien l’ensemble des biens immobiliers relevant du domaine privé ou du domaine public de l’État. C’est pourquoi il y a lieu d’être inquiet pour nos musées et domaines nationaux, qui n’ont pas tous le même statut ni les mêmes ressources propres.

Un exemple parmi d’autres, le musée de Cluny, musée national du Moyen Âge, qui est un service à compétence nationale : il ne dispose d’aucune autonomie financière ni juridique propre, et son budget dépend intégralement de celui du ministère. Il est installé dans l’hôtel de Cluny (édifice médiéval classé monument historique dès 1856) et dans des thermes d’époque romaine. Situé en plein Quartier latin c’est-à-dire un des secteurs immobiliers les plus valorisés de Paris. Nous demandons formellement à votre administration des explications : quel loyer, calculé sur quelle base, pourrait être exigé pour l’occupation de ce bâtiment si sa propriété venait à être transférée à la foncière ? Un loyer établi sur la valeur locative réelle du quartier serait hors de portée d’un musée et se traduirait mécaniquement par une ponction sur les crédits de médiation, d’acquisition ou de conservation.

La question se pose différemment, mais tout aussi sérieusement, pour les grands domaines nationaux (châteaux, parcs, forêts domaniales). Ainsi, nous demandons que le ministère précise, domaine par domaine, service par service, quelle hypothèse est retenue et quel serait l’impact chiffré sur chacun d’entre eux.

Pour une exception culturelle du foncier de l’Etat

Face aux attendus de cette loi et de ce nouvel établissement, il est peu probable que le ministère de la Culture puisse peser face à Bercy.

Avant toute mise en œuvre du dispositif, le ministère de la Culture aura-t-il les moyens d’évaluer précisément, service par service et bâtiment par bâtiment, l’impact de ce nouveau loyer sur le budget de fonctionnement de chaque service, musée, monument et domaine concerné ?

Quelles garanties budgétaires auront les services et les établissements pour que ces charges de loyers n’affectent pas les crédits d’intervention, de conservation et de médiation culturelle ?

Face à une logique purement budgétaire quel sera le poids du ministère de la Culture ? Comment évaluer les contraintes patrimoniales ? Est-il raisonnable d’évaluer le loyer d’un patrimoine culturel déjà propriété de tous ?

C’est pourquoi la FSU Culture revendique une exception culturelle pour éviter le transfert des biens à l’EPIC Foncière de l’État pour tous les lieux protégés au titre des Monuments Historiques et pour les établissements culturels, musées et domaines.

Nous restons à votre disposition pour vous exposer ces préoccupations de vive voix et sollicitons une audience dans les meilleurs délais.

Nous vous prions d’accepter, Madame la Ministre, l’expression de nos salutations syndicales.[…]

En juin de l’année dernière, l’édito du bulletin FSU-INHA #11 faisait, pour le départ de l’ancien DG, le bilan de ses 9 années de gouvernance. Bilan décliné en 6 D dont 1 pour le Dialogue social. Ce ne fut pas une sinécure ! Avec l’installation de la nouvelle DG, nous espérions beaucoup.[…]

Le Sénat vient de confier la protection de vos droits à celui qui a passé vingt ans à les combattre.
Après les nominations controversé de très proches d’E. Macron à la la présidence du Conseil constitutionnel (Richard Ferrand), à la tête de la Cour des comptes (Amélie de Montchalin) et à Banque de France (Emmanuel Moulin), mardi 21 juillet 2026, le Parlement a entériné, à une large majorité, la nomination du sénateur François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits.
La FSU Culture dénonce cette nomination : plutôt que de confier la protection des droits et libertés à une personnalité tenue à l’écart des partis, comme le suggère pourtant la Constitution, l’exécutif a préféré un praticien aguerri du camp d’en face.
[…]

Monsieur le Président,

Les échanges de l‘intersyndicale autour des lignes directrices de gestion révèlent une difficulté plus profonde que celle des seuls documents qui nous sont soumis.
Notre ministère administre les carrières. Il ne les gouverne plus.

Les campagnes de mobilité et de promotion sont organisées. Les données sont produites. Les procédures sont appliquées. Mais il manque ce qui fait une véritable politique de ressources humaines : une vision partagée des parcours professionnels, une capacité d’anticipation et un dialogue organisé autour des besoins des corps.
Les conséquences sont connues.
Les agents ne comprennent plus les décisions qui les concernent. Les encadrants peinent eux-mêmes à expliquer les règles ou les choix opérés. Les bilans restent essentiellement descriptifs. Ils rendent compte du passé mais éclairent peu l’avenir. Les lignes directrices de gestion ont remplacé les anciennes procédures, mais elles n’ont pas créé le cadre démocratique qui devrait les accompagner.[…]

    Dans un Flash Info publié le 30 juin à 17h04 intitulé « Regroupement des équipes et évolution des implantations des services en administration centrale jusqu’en novembre 2026 », l’administration écrit que « les plans d’implantation des services font actuellement l’objet d’un dialogue social avec les représentants du personnel. »[…]

Un nouveau droit entre en vigueur ce 1er juillet 2026 : le congé supplémentaire de naissance. Il concerne tous les parents dont l’enfant est né ou a été adopté depuis le 1er janvier 2026, fonctionnaires comme contractuel·les. En résumé : jusqu’à deux mois de congé indemnisé, en plus du congé[…]

Face à la progression mondiale des gouvernements réactionnaires et liberticides et avec le risque tangible de l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite en France, il est indispensable de livrer un combat culturel et intellectuel sur tous les fronts pour endiguer cette propagation. De son côté l’extrême droite avance ses narrations, ses peurs et ses imaginaires grâce à des relais puissants sur tous les canaux de communication disponibles : presse, TV, édition, internet,…
Face à cette offensive idéologique et capitalistique, la culture subi un désengagement progressif et massif de l’État, ainsi que des régions, des départements et des communes.[…]

L’art de découvrir les scandales à six mois d’un scrutin
Lorsque le collectif est abîmé. Lorsque le gros de la crise semble passé sans que l’on parvienne à entrevoir pour autant ce que sera l’après crise. Lorsque des organisations syndicales, longtemps silencieuses, découvrent soudainement l’existence d’un « système profondément installé, ancien, structuré, toléré pendant des décennies ». Nous nous interrogeons…
[…]

Juin est le mois des fiertés. Partout en France, dans des dizaines de villes, des milliers de personnes descendent dans la rue pour affirmer leur droit à exister, à aimer, à vivre dignement. Pour le SNAC-FSU Culture, ces marches ne sont pas qu’un folklore festif : elles sont l’expression d’une exigence politique fondamentale, dans le prolongement direct de toutes les luttes que nous menons au quotidien.[…]

La fonction publique de l’État repose sur un principe qui n’est pas une option : l’égalité de traitement entre tous ses agents. Ce principe est constitutionnel. Il est inscrit dans la loi. Il est réaffirmé dans chaque discours de chaque ministre depuis trente ans. Et pourtant, le Défenseur des droits reçoit chaque année des milliers de signalements d’agents qui ont subi une discrimination au travail dans leur propre ministère, de la part de leur propre hiérarchie. Ce tract rappelle ce que l’État est légalement tenu de faire, documente ce qu’il ne fait pas, et porte nos revendications.

La loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires (article 6), complétée par la loi du 6 août 2019 dite loi de transformation de la fonction publique, pose des obligations précises. L’État ne peut pas discriminer ses agents selon leur origine, leur sexe, leur état de santé, leur handicap, leur orientation sexuelle ou leurs opinions. Il doit assurer une égalité de rémunération à travail égal, garantir un accès équitable aux promotions et aux formations, aménager les postes pour les agents en situation de handicap, protéger les victimes et les témoins de discrimination, et former ses encadrants à la prévention des biais discriminatoires.

Ces obligations ne sont pas nouvelles. Le testing DESPERADO V, commandé par la DGAFP elle-même et publié en 2024, démontre que ces règles sont violées tous les jours, dans toutes les directions, dans tous les versants de la fonction publique.[…]

Pendant que les prix flambent, les salaires, eux, restent bloqués, et ce sont une nouvelle fois les agentes et les agents qui paient la facture. La situation géopolitique, l’extension des guerres et l’avidité de ceux qui spéculent sur ces crises font bondir les prix des énergies, et plus largement le « coût de la vie ». Et pendant que les prix flambent, les salaires des 5,8 millions d’agentes et d’agents qui font vivre les services publics sont bloqués. […]

Comme les autres ministères, celui de la Culture subit une forte austérité budgétaire. Aux baisses du budget du ministère s’ajoutent l’austérité dans le financement de la culture de plusieurs régions, de nombreux départements et de communes surtout celles remportées par des majorités d’extrême droite et de droite. […]

La FSU Culture s’est toujours opposée fermement au jour de carence et à la règle des 90 % de rémunération appliquée aux agents en arrêt maladie. Ces mesures (techniques) traduisent un choix politique qui a d’importantes conséquences sur la rémunération des agents : elles découlent d’une volonté de décourager les arrêts maladie partant d’une suspicion a priori envers les agents publics qui en abuseraient.
    […]

La proposition de loi portée par Gabriel Attal, examinée à l’Assemblée nationale le 10 avril, ne visait pas seulement les commerces de bouche. Elle visait aussi les lieux culturels (en langage attalien, lire : « touristiques »). Musées, salles de spectacle, établissements sous tutelle, nous étions dans le viseur. Car jusqu’ici, cela n’aura échappé à personne, les musées sont fermés le 1er mai, à l’exception de quelques spécimens aux mains de négriers notoires…[…]

Épisode 2 : Les conséquences concrètes de la restriction budgétaire et du rabotage des emplois au Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain en Laye

Nous vous alertions en février dernier des réductions brutales d’effectifs programmées au ministère{www}, plus particulièrement dans les SCN musées. La casse des services publics et les conséquences de la politique austéritaire ont amené nos technocrates à inventer de nouveaux outils visant à masquer les suppressions d’emplois.

Ainsi, aux plafonds d’emplois s’ajoutent désormais les schémas d’emplois pour justifier l’injustifiable et nous faire croire que cela est pour le bien des agents, des services et des missions…[…]

               Il est un peu passé inaperçu, car pour le trouver, il fallait mener un travail de recherche de longue haleine (et pas sur Sémaphore ! la publicité pour les concours de la filière Recherche est toujours semi-confidentielle) mais un arrêté du 27 février 2026 autorise l’ouverture d’un concours externe et[…]

           Fière et confiante de son diplôme récemment acquis,Émilie Souris se dirigeait d’un pas leste vers son premier emploi.Elle arriva au Conservatoire du Fromage, une institution fort réputée,installée dans une majestueuse bâtisse décorée de fer forgé,où l’on conserve, inventorie et pèse brie, chèvre et gruyère en partage.Gaspard Rat, vieux rongeur rusé[…]

Réduction d’emplois brutale et mise en péril des missions fondamentales des musées et opérateurs du patrimoine Alors que le cambriolage du Louvre a révélé les manques criants de moyens et de personnel, alors que le ministère de la Culture soutient largement les musées privés, s’achemine-t-on vers l’abandon des institutions publiques[…]

Les ministres passent et les priorités face aux questions d’égalité femme-homme ou face aux agissements sexistes face aux femmes sont toujours affichées comme prioritaires.  Mais les labels, les protocoles et les formations demeurent inutiles quand personne ne veut contribuer à faire changer les choses.  Nous avons alerté l’administration à plusieurs[…]

          À l’occasion de la journée internationale contre le racisme et le fascisme, de nombreuses organisations appellent à la mobilisation avec les collectifs de sans-papiers et la Marche des Solidarités. La mort d’un jeune fasciste à Lyon n’y change rien. L’offensive actuelle de toutes les franges de l’extrême-droite et du fascisme,[…]