L’art de découvrir les scandales à six mois d’un scrutin

Lorsque le collectif est abîmé. Lorsque le gros de la crise semble passé sans que l’on parvienne à entrevoir pour autant ce que sera l’après crise. Lorsque des organisations syndicales, longtemps silencieuses, découvrent soudainement l’existence d’un « système profondément installé, ancien, structuré, toléré pendant des décennies ». Nous nous interrogeons…

Des décennies. Le mot est lâché. Nous l’entendons.

  
Des indignations tardives sans arrières pensées ?

Le système dénoncé serait « ancien », « structuré », « toléré pendant des décennies ». Mais pendant ces mêmes décennies, les organisations signataires étaient-elles absentes du Château ? N’y avaient-elles pas de représentants ? N’y tenaient-elles pas de réunions, n’y recevaient-elles pas de mandats, n’y négociaient-elles pas des arrangements ?

La réponse, tout le monde la connaît.

Pourquoi ce silence « toléré pendant des décennies » ? À qui profitait-il ? Parce qu’un système « toléré » l’est rarement par hasard. Il est toléré parce qu’il arrange. Il est toléré parce qu’il répartit. Il est toléré parce que ceux qui auraient pu le dénoncer en tiraient, sinon bénéfice direct, du moins une confortable paix sociale.

Est-ce que la direction du Château a cédé par faiblesse à des pratiques discutables ? Ou cherché à répondre aux demandes des uns et des autres relayées par les représentants du personnel ? Tout en gérant la pénurie de ce SCN musée, qui comme tous les autres, vit sur la corde raide ? Est-ce que ce fonctionnement est le fruit de pressions, d’accommodements ? A-t-on laissé faire ce que des interlocuteurs – parfois les mêmes qui signent des tracts ou témoignent dans la presse locale – demandaient de laisser faire ?

  
Et pourquoi aujourd’hui ?

Pourquoi parler de décennies puisqu’il paraît évident qu’une tension particulière est née lors du changement d’une partie de la direction survenue il n’y a pas des décennies, mais moins de 4 ans seulement ?

Après les signalements de faits de souffrances au travail, dont celui porté par le directeur et celui porté par la FSU, puis l’enquête menée par l’IGAC, une procédure disciplinaire a été engagée. Soyons clairs : elle ne concerne pas le directeur, qui n’a pas couvert les comportements incriminés, mais au contraire les a dénoncés. Laisser penser que « les faits mis au jour » ont été couverts relève d’une confusion pour le moins douteuse.

Certaines organisations syndicales pourraient être tentées de détourner ces faits en transformant en victoire le changement de direction ? Toujours utile à quelques mois des élections professionnelles…

  
Les arroseurs bientôt arrosés ?

Certaines organisations syndicales dénoncent des pratiques financières « délétères ». Mais le Château de Pau est un Service à Compétence Nationale, pas un établissement public. Il n’a pas de personnalité juridique propre. Il n’a pas de budget autonome. Ni la paye des agents, ni les engagements financiers, ni le paiement des factures, n’est décidé ou géré localement. En tant que SCN ce n’est pas lui, mais l’administration centrale, qui est décisionnaire et gestionnaire.

Pour ce qui est de la caisse des recettes ou la boutique, c’est pareil, c’est la RMN et non le SCN qui a la main.

La FSU sera attentive aux issues de la seule procédure disciplinaire engagée et de l’enquête complémentaire. Mais nul doute pour nous, les arroseurs pourraient bien être arrosés…

  
La FSU Culture n’a pas attendu juin 2026 pour défendre les agent·es du Château de Pau, ni celles et ceux de l’ensemble du ministère de la Culture.

Nous continuerons à le faire — sans sélection d’opportunité, sans calendrier électoral, sans choisir nos combats selon leur valeur en termes de visibilité préélectorale.

Le fonctionnement du Château de Pau, comme celui de tous les SCN musées, est probablement perfectible. Mais si la nouvelle direction qui nous est annoncée met en place un management dur pour la recherche « d’efficacité et de performance », comme souvent ce sera la dégradation des conditions de travail et la prolifération de risques psychosociaux, et certains regretteront la situation précédente…

  
Nous revendiquons des moyens (en personnels et en crédits) à la hauteur des besoins nécessaires au bon fonctionnement du château et du domaine.

Nous demandons la protection effective des agent·es qui ont témoigné ou alerté.

Et nous demandons aussi que la vérité soit entière.

Parce que les agent·es du Château de Pau méritent effectivement une administration exemplaire.

Ils méritent aussi des représentant·es syndicaux dont les revendications et la mémoire ne soient pas sélectivement activées par l’approche d’un scrutin ou par leurs aigreurs du moment.
   […]

Juin est le mois des fiertés. Partout en France, dans des dizaines de villes, des milliers de personnes descendent dans la rue pour affirmer leur droit à exister, à aimer, à vivre dignement. Pour le SNAC-FSU Culture, ces marches ne sont pas qu’un folklore festif : elles sont l’expression d’une exigence politique fondamentale, dans le prolongement direct de toutes les luttes que nous menons au quotidien.[…]

La fonction publique de l’État repose sur un principe qui n’est pas une option : l’égalité de traitement entre tous ses agents. Ce principe est constitutionnel. Il est inscrit dans la loi. Il est réaffirmé dans chaque discours de chaque ministre depuis trente ans. Et pourtant, le Défenseur des droits reçoit chaque année des milliers de signalements d’agents qui ont subi une discrimination au travail dans leur propre ministère, de la part de leur propre hiérarchie. Ce tract rappelle ce que l’État est légalement tenu de faire, documente ce qu’il ne fait pas, et porte nos revendications.

La loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires (article 6), complétée par la loi du 6 août 2019 dite loi de transformation de la fonction publique, pose des obligations précises. L’État ne peut pas discriminer ses agents selon leur origine, leur sexe, leur état de santé, leur handicap, leur orientation sexuelle ou leurs opinions. Il doit assurer une égalité de rémunération à travail égal, garantir un accès équitable aux promotions et aux formations, aménager les postes pour les agents en situation de handicap, protéger les victimes et les témoins de discrimination, et former ses encadrants à la prévention des biais discriminatoires.

Ces obligations ne sont pas nouvelles. Le testing DESPERADO V, commandé par la DGAFP elle-même et publié en 2024, démontre que ces règles sont violées tous les jours, dans toutes les directions, dans tous les versants de la fonction publique.[…]

Comme les autres ministères, celui de la Culture subit une forte austérité budgétaire. Aux baisses du budget du ministère s’ajoutent l’austérité dans le financement de la culture de plusieurs régions, de nombreux départements et de communes surtout celles remportées par des majorités d’extrême droite et de droite. […]

La FSU Culture s’est toujours opposée fermement au jour de carence et à la règle des 90 % de rémunération appliquée aux agents en arrêt maladie. Ces mesures (techniques) traduisent un choix politique qui a d’importantes conséquences sur la rémunération des agents : elles découlent d’une volonté de décourager les arrêts maladie partant d’une suspicion a priori envers les agents publics qui en abuseraient.
    […]

La proposition de loi portée par Gabriel Attal, examinée à l’Assemblée nationale le 10 avril, ne visait pas seulement les commerces de bouche. Elle visait aussi les lieux culturels (en langage attalien, lire : « touristiques »). Musées, salles de spectacle, établissements sous tutelle, nous étions dans le viseur. Car jusqu’ici, cela n’aura échappé à personne, les musées sont fermés le 1er mai, à l’exception de quelques spécimens aux mains de négriers notoires…[…]

Épisode 2 : Les conséquences concrètes de la restriction budgétaire et du rabotage des emplois au Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain en Laye

Nous vous alertions en février dernier des réductions brutales d’effectifs programmées au ministère{www}, plus particulièrement dans les SCN musées. La casse des services publics et les conséquences de la politique austéritaire ont amené nos technocrates à inventer de nouveaux outils visant à masquer les suppressions d’emplois.

Ainsi, aux plafonds d’emplois s’ajoutent désormais les schémas d’emplois pour justifier l’injustifiable et nous faire croire que cela est pour le bien des agents, des services et des missions…[…]

           Fière et confiante de son diplôme récemment acquis,Émilie Souris se dirigeait d’un pas leste vers son premier emploi.Elle arriva au Conservatoire du Fromage, une institution fort réputée,installée dans une majestueuse bâtisse décorée de fer forgé,où l’on conserve, inventorie et pèse brie, chèvre et gruyère en partage.Gaspard Rat, vieux rongeur rusé[…]

Réduction d’emplois brutale et mise en péril des missions fondamentales des musées et opérateurs du patrimoine Alors que le cambriolage du Louvre a révélé les manques criants de moyens et de personnel, alors que le ministère de la Culture soutient largement les musées privés, s’achemine-t-on vers l’abandon des institutions publiques[…]

Les ministres passent et les priorités face aux questions d’égalité femme-homme ou face aux agissements sexistes face aux femmes sont toujours affichées comme prioritaires.  Mais les labels, les protocoles et les formations demeurent inutiles quand personne ne veut contribuer à faire changer les choses.  Nous avons alerté l’administration à plusieurs[…]

                Dans une salle ancienne aux boiseries d’ébène, Où l’on traite du sort de ceux qui sont à la peine Dans une ambiance, au parfum de vieux cuir, Le Goupil souriait, pensant enfin en finir. Il ajustait son col, l’air de celui qui gagne, Prêt à voir le Vautour mener[…]

Partout dans le monde, les femmes se mobilisent pour conquérir des droits et les rendre effectifs.              SOLIDARITÉ INTERNATIONALE La FSU réaffirme sa solidarité internationale avec toutes les femmes et les peuples frappés de plein fouet par les conflits armés, les guerres impérialistes, génocidaires et d’occupation. Elle réaffirme son soutien[…]

l n’aura pas fallu attendre longtemps après l’arrivée de la nouvelle direction pour voir se dégrader rapidement le climat social aux Beaux-Arts de Paris, qui s’était pourtant largement amélioré durant la direction précédente. Nous constatons aujourd’hui qu’une nouvelle et énième crise s’ouvre dans l’établissement, entièrement du fait de la nouvelle gouvernance.[…]

CSA ministériel du 3 février 2026 : déclaration intersyndicale     La décision de la ministre de mettre fin à la négociation sur l’égalité professionnelle moins de 2 mois avant son départ est totalement déloyale vis-à-vis des personnels et des organisations syndicales. Après 14 mois de tergiversation pour signer l’accord de méthode (préalable à[…]

          Un beau lundi matin, dans l’enclos de la DRAC, se jouait une scène qui donnait le trac. Maître Martin, l’Âne, au poil un peu terni, entrait dans le bureau du grand chef, le Goupil. C’était l’heure sacrée, le moment solennel : l’entretien professionnel annuel. Sur le bureau, luisante et d’un[…]

Il y a quelques semaines, le ministère nous invitait à participer à un nouvel exercice du baromètre social.Résultat ? Un fiasco. Entre questions orientées et exclusion totale des collègues des établissements publics (hors Titre 2), cette « photographie » prétendument réaliste de nos conditions de travail était, dès le départ, truquée et partielle.[…]

Le rituel des vœux c’est l’occasion de faire le point sur l’année qui vient de s’écouler et d’esquisser des horizons désirables pour l’année qui commence.
Bon… cette année 2026 démarre sur le constat anxiogène de la brutalité des régimes d’extrême droite. Tournant le dos aux règles communes et à l’interêt général, ils imposent la loi du plus fort, et cela avec le soutien explicite des forces économiques et le soutien implicite de démocraties rongées par l’individualisme et les tristes passions réactionnaires.[…]

La FSU Culture approuve la décision du Mucem de mettre fin à son partenariat avec la société Digital Realty, accusée par plusieurs associations internationales de fournir des outils de répression utilisés contre les populations palestiniennes.
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L’onde de choc provoquée par le cambriolage de la Galerie d’Apollon, ce dimanche 19 octobre 2025, dépasse la simple consternation patrimoniale. Ce vol audacieux met en lumière de la manière la plus brutale qui soit les conséquences des politiques de coupes budgétaires et de réduction des effectifs, que nous avons maintes fois dénoncées.[…]

Le troisième conseil d’administration de l’année 2025 s’est ouvert lundi 29 septembre sur un constat inquiétant fait par le président du CNC au sujet de l’état des entrées en salle de cinéma, lequel confirme malheureusement une baisse régulière et structurelle depuis la crise du Covid.  Si nous avons bien compris[…]

Baromètre social 2025, consultation du 2 au 17 octobre 2025 Cette année, pour la quatrième édition du baromètre social, le ministère a choisi d’appliquer l’austérité jusque dans le choix du périmètre de la consultation de ses agents. En 2023, lors de la troisième campagne, le périmètre de consultation avait été[…]

En juillet, le premier ministre a lancé les hostilités en posant les bases de son projet de budget 2026.

La petite combine du risque de démission de Bayrou ne doit pas nous aveugler. Le camp macroniste veut finir le second quinquennat sur une offensive sans précédent contre la majorité des Français en continuant à préserver les mieux nantis.[…]

Vendredi 13 juin 2025 au CNC, les agents comptables de la fonction publique ont abordé les problèmes liés à la sécurité et confidentialité des données personnelles et fiscales. Si les normes du « règlement général de protection des données » (RGPD) ont été avancées, les intervenants ont fini par avouer que celles-ci ne[…]