Face à la progression mondiale des gouvernements réactionnaires et liberticides et avec le risque tangible de l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite en France, il est indispensable de livrer un combat culturel et intellectuel sur tous les fronts pour endiguer cette propagation. De son côté l’extrême droite avance ses narrations, ses peurs et ses imaginaires grâce à des relais puissants sur tous les canaux de communication disponibles : presse, TV, édition, internet,…
Face à cette offensive idéologique et capitalistique, la culture subi un désengagement progressif et massif de l’État, ainsi que des régions, des départements et des communes.

Dépourvue de sa fonction critique et émancipatrice, la culture n’est plus qu’un simple outil de légitimation des pouvoirs en place. Malheureusement, depuis près de 10 ans les gouvernements « macroniais » successifs, avec l’aide de ses alliés de droite à l’Assemblée, au gouvernement et à la tête des collectivités territoriales, n’ont eu de cesse d’abîmer, d’affaiblir et de dégrader le service public de la Culture.

Au ministère, une ministre remplace la précédente, et la dernière a presque assumé l’absence de projet de politique culturel, se contentant d’une mission d’intérim de fin de quinquennat. Et ce dans un contexte de cure d’austérité budgétaire sans précédent en 2026, en particulier pour le ministère de la Culture. Sous prétexte de redressement des finances publiques, de crise énergétique et de course à l’armement, le budget de la rue de Valois subit des coupes historiques dès le vote de la Loi de finances, avant d’être à nouveau frappé par des décrets d’annulation de crédits au début du mois de juin.

Le choc initial : la Loi de finances 2026
Dès le début de l’année, la Loi de finances acte un recul de près de 5 % des crédits de la « mission Culture ». Hors audiovisuel public, l’ensemble du budget ministériel chute à environ 4,2 milliards d’euros, soit un retour brutal au niveau de 2023 (et ce malgré l’inflation).
Alors que les collectivités ont largement baissé leurs subventions au monde culturel mettant en périls les professionnels du spectacle et de la création, au ministère de la Culture c’est le patrimoine qui est particulièrement touché. Malgré les alertes sur l’état des monuments en péril, malgré la crise de l’archéologie préventive, le programme 175 « Patrimoines » subit la baisse la plus lourde avec une chute de 9,1 % par rapport à 2025.

Les autres secteurs ne sont pas épargnés : le programme 131 « Création » perd 4,3 % , avec une baisse de 3,7 % du soutien au spectacle vivant et des subventions destinées à l’emploi artistique qui reculent de 7 %. Le Fonds national pour l’emploi pérenne dans le spectacle (Fonpeps) voit son enveloppe théorique drastiquement réduite, menaçant la viabilité des petites compagnies. Le programme 361 « Transmission des savoirs » recule de 2,5 % et le budget du Pass Culture continu d’être amputé (lui sont alloués : 97 M€ en 2024, 72 M€ en 2025, 38 M€ en 2026), et le montant accordé aux bénéficiaires ne cesse de diminuer.

La baisse des crédits délégués aux Directions régionales des affaires culturelles (DAC et DRAC) asphyxie déjà les programmes et initiatives régionales et locales (oublié le plan « Culture et ruralité » ?).

Le coup de grâce de juin 2026 : Les décrets d’annulation
Alors que le secteur est exsangue le gouvernement choisit de durcir encore sa politique de rigueur à l’approche de l’été. Sans passer par le parlement (même pas un 49-3…), début juin, Bercy impose un nouveau tour de vis national de plusieurs milliards d’euros qui se répercute directement sur la culture par le biais de décrets d’annulation de crédits.

Pour la Culture c’est un violent « coup de rabot » de dizaines de millions d’euros de crédits, qualifié par les professionnels de véritable « assassinat budgétaire ».

Ces gels techniques et annulations immédiates ciblent en priorité la réserve dite « de précaution » et les crédits hors masse salariale. En régions, les effets sont immédiats : les chantiers sur les monuments historiques se figent (les baisses de crédits de travaux atteignent parfois 38 % à l’échelle locale), tandis qu’un dispositif de « surgel » de 10 % conserve les fonds en administration centrale, empêchant les DRAC d’engager de nouvelles dépenses.

Nous dénonçons ce « plan social rampant » qui touchera tous les professionnels du spectacle, des arts et du patrimoine.
Nous dénonçons cette nouvelle attaque contre la culture et contre ceux qui en vivent et qui la font vivre.

Les attaques ne se limitent pas aux baisses budgétaires et aux suppressions de postes (qui empêchent désormais certains établissements de fonctionner), les offensives structurelles se poursuivent, comme avec le projet de sortir du CMN le Mont Saint-Michel en fragilisant ainsi durablement une centaine de monuments moins populaires…

Nous dénonçons cette ineptie qui consiste à faire le choix de dégrader la culture alors que les forces réactionnaires n’ont jamais été aussi puissantes.

Lorsque l’émancipation et l’intérêt général ne dirigent plus les politiques publiques, lorsque la puissance publique se retire, les intérêts privés et les forces réactionnaires ont le champ libre pour proposer leurs offres « culturelles » tournées vers une culture identitaire et un patrimoine fantasmé.[…]

L’art de découvrir les scandales à six mois d’un scrutin
Lorsque le collectif est abîmé. Lorsque le gros de la crise semble passé sans que l’on parvienne à entrevoir pour autant ce que sera l’après crise. Lorsque des organisations syndicales, longtemps silencieuses, découvrent soudainement l’existence d’un « système profondément installé, ancien, structuré, toléré pendant des décennies ». Nous nous interrogeons…
[…]

Juin est le mois des fiertés. Partout en France, dans des dizaines de villes, des milliers de personnes descendent dans la rue pour affirmer leur droit à exister, à aimer, à vivre dignement. Pour le SNAC-FSU Culture, ces marches ne sont pas qu’un folklore festif : elles sont l’expression d’une exigence politique fondamentale, dans le prolongement direct de toutes les luttes que nous menons au quotidien.[…]

La fonction publique de l’État repose sur un principe qui n’est pas une option : l’égalité de traitement entre tous ses agents. Ce principe est constitutionnel. Il est inscrit dans la loi. Il est réaffirmé dans chaque discours de chaque ministre depuis trente ans. Et pourtant, le Défenseur des droits reçoit chaque année des milliers de signalements d’agents qui ont subi une discrimination au travail dans leur propre ministère, de la part de leur propre hiérarchie. Ce tract rappelle ce que l’État est légalement tenu de faire, documente ce qu’il ne fait pas, et porte nos revendications.

La loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires (article 6), complétée par la loi du 6 août 2019 dite loi de transformation de la fonction publique, pose des obligations précises. L’État ne peut pas discriminer ses agents selon leur origine, leur sexe, leur état de santé, leur handicap, leur orientation sexuelle ou leurs opinions. Il doit assurer une égalité de rémunération à travail égal, garantir un accès équitable aux promotions et aux formations, aménager les postes pour les agents en situation de handicap, protéger les victimes et les témoins de discrimination, et former ses encadrants à la prévention des biais discriminatoires.

Ces obligations ne sont pas nouvelles. Le testing DESPERADO V, commandé par la DGAFP elle-même et publié en 2024, démontre que ces règles sont violées tous les jours, dans toutes les directions, dans tous les versants de la fonction publique.[…]

Comme les autres ministères, celui de la Culture subit une forte austérité budgétaire. Aux baisses du budget du ministère s’ajoutent l’austérité dans le financement de la culture de plusieurs régions, de nombreux départements et de communes surtout celles remportées par des majorités d’extrême droite et de droite. […]

La FSU Culture s’est toujours opposée fermement au jour de carence et à la règle des 90 % de rémunération appliquée aux agents en arrêt maladie. Ces mesures (techniques) traduisent un choix politique qui a d’importantes conséquences sur la rémunération des agents : elles découlent d’une volonté de décourager les arrêts maladie partant d’une suspicion a priori envers les agents publics qui en abuseraient.
    […]

La proposition de loi portée par Gabriel Attal, examinée à l’Assemblée nationale le 10 avril, ne visait pas seulement les commerces de bouche. Elle visait aussi les lieux culturels (en langage attalien, lire : « touristiques »). Musées, salles de spectacle, établissements sous tutelle, nous étions dans le viseur. Car jusqu’ici, cela n’aura échappé à personne, les musées sont fermés le 1er mai, à l’exception de quelques spécimens aux mains de négriers notoires…[…]

Épisode 2 : Les conséquences concrètes de la restriction budgétaire et du rabotage des emplois au Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain en Laye

Nous vous alertions en février dernier des réductions brutales d’effectifs programmées au ministère{www}, plus particulièrement dans les SCN musées. La casse des services publics et les conséquences de la politique austéritaire ont amené nos technocrates à inventer de nouveaux outils visant à masquer les suppressions d’emplois.

Ainsi, aux plafonds d’emplois s’ajoutent désormais les schémas d’emplois pour justifier l’injustifiable et nous faire croire que cela est pour le bien des agents, des services et des missions…[…]

           Fière et confiante de son diplôme récemment acquis,Émilie Souris se dirigeait d’un pas leste vers son premier emploi.Elle arriva au Conservatoire du Fromage, une institution fort réputée,installée dans une majestueuse bâtisse décorée de fer forgé,où l’on conserve, inventorie et pèse brie, chèvre et gruyère en partage.Gaspard Rat, vieux rongeur rusé[…]

Réduction d’emplois brutale et mise en péril des missions fondamentales des musées et opérateurs du patrimoine Alors que le cambriolage du Louvre a révélé les manques criants de moyens et de personnel, alors que le ministère de la Culture soutient largement les musées privés, s’achemine-t-on vers l’abandon des institutions publiques[…]

Les ministres passent et les priorités face aux questions d’égalité femme-homme ou face aux agissements sexistes face aux femmes sont toujours affichées comme prioritaires.  Mais les labels, les protocoles et les formations demeurent inutiles quand personne ne veut contribuer à faire changer les choses.  Nous avons alerté l’administration à plusieurs[…]

                Dans une salle ancienne aux boiseries d’ébène, Où l’on traite du sort de ceux qui sont à la peine Dans une ambiance, au parfum de vieux cuir, Le Goupil souriait, pensant enfin en finir. Il ajustait son col, l’air de celui qui gagne, Prêt à voir le Vautour mener[…]

Partout dans le monde, les femmes se mobilisent pour conquérir des droits et les rendre effectifs.              SOLIDARITÉ INTERNATIONALE La FSU réaffirme sa solidarité internationale avec toutes les femmes et les peuples frappés de plein fouet par les conflits armés, les guerres impérialistes, génocidaires et d’occupation. Elle réaffirme son soutien[…]

l n’aura pas fallu attendre longtemps après l’arrivée de la nouvelle direction pour voir se dégrader rapidement le climat social aux Beaux-Arts de Paris, qui s’était pourtant largement amélioré durant la direction précédente. Nous constatons aujourd’hui qu’une nouvelle et énième crise s’ouvre dans l’établissement, entièrement du fait de la nouvelle gouvernance.[…]

CSA ministériel du 3 février 2026 : déclaration intersyndicale     La décision de la ministre de mettre fin à la négociation sur l’égalité professionnelle moins de 2 mois avant son départ est totalement déloyale vis-à-vis des personnels et des organisations syndicales. Après 14 mois de tergiversation pour signer l’accord de méthode (préalable à[…]

          Un beau lundi matin, dans l’enclos de la DRAC, se jouait une scène qui donnait le trac. Maître Martin, l’Âne, au poil un peu terni, entrait dans le bureau du grand chef, le Goupil. C’était l’heure sacrée, le moment solennel : l’entretien professionnel annuel. Sur le bureau, luisante et d’un[…]

Il y a quelques semaines, le ministère nous invitait à participer à un nouvel exercice du baromètre social.Résultat ? Un fiasco. Entre questions orientées et exclusion totale des collègues des établissements publics (hors Titre 2), cette « photographie » prétendument réaliste de nos conditions de travail était, dès le départ, truquée et partielle.[…]

Le rituel des vœux c’est l’occasion de faire le point sur l’année qui vient de s’écouler et d’esquisser des horizons désirables pour l’année qui commence.
Bon… cette année 2026 démarre sur le constat anxiogène de la brutalité des régimes d’extrême droite. Tournant le dos aux règles communes et à l’interêt général, ils imposent la loi du plus fort, et cela avec le soutien explicite des forces économiques et le soutien implicite de démocraties rongées par l’individualisme et les tristes passions réactionnaires.[…]

La FSU Culture approuve la décision du Mucem de mettre fin à son partenariat avec la société Digital Realty, accusée par plusieurs associations internationales de fournir des outils de répression utilisés contre les populations palestiniennes.
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L’onde de choc provoquée par le cambriolage de la Galerie d’Apollon, ce dimanche 19 octobre 2025, dépasse la simple consternation patrimoniale. Ce vol audacieux met en lumière de la manière la plus brutale qui soit les conséquences des politiques de coupes budgétaires et de réduction des effectifs, que nous avons maintes fois dénoncées.[…]

Le troisième conseil d’administration de l’année 2025 s’est ouvert lundi 29 septembre sur un constat inquiétant fait par le président du CNC au sujet de l’état des entrées en salle de cinéma, lequel confirme malheureusement une baisse régulière et structurelle depuis la crise du Covid.  Si nous avons bien compris[…]

Baromètre social 2025, consultation du 2 au 17 octobre 2025 Cette année, pour la quatrième édition du baromètre social, le ministère a choisi d’appliquer l’austérité jusque dans le choix du périmètre de la consultation de ses agents. En 2023, lors de la troisième campagne, le périmètre de consultation avait été[…]

En juillet, le premier ministre a lancé les hostilités en posant les bases de son projet de budget 2026.

La petite combine du risque de démission de Bayrou ne doit pas nous aveugler. Le camp macroniste veut finir le second quinquennat sur une offensive sans précédent contre la majorité des Français en continuant à préserver les mieux nantis.[…]