Courrier concernant l’affaire Christian « N. »

Madame la secrétaire générale,

Comme tous les agents du ministère de la Culture nous avons été destinataires, le 13 décembre, de votre message concernant le cas de Christian Nègre – nous donnons son nom puisqu’il est de notoriété publique – ancien cadre en poste au ministère de la Culture, et très brièvement (6 mois) à la direction générale de la Fonction publique, entre 2008 et 2018, poursuivi par la Justice pour de graves chefs d’accusation.

Nous ne reviendrons pas sur les faits relatés dans votre note ni sur les conséquences disciplinaires et pénales.

Nous vous remercions de la mise en place de la cellule d’écoute psychologique et de la nouvelle adresse unique coordonnée par le SRH qui toutes deux peuvent être sollicitées par des personnes extérieures au ministère, tout comme de la protection fonctionnelle offerte aux agents publics victimes dans cette affaire.

Bien que satisfaits de la mission confiée à l’Inspection Générale des Affaires Culturelles visant à proposer des procédures et dispositifs permettant d’éviter la reproduction de tels actes, nous sommes surpris de ne pas voir apparaître dans votre note une demande forte des organisations syndicales visant à comprendre comment ces faits ont pu se produire pendant aussi longtemps, et étudier les responsabilités d’une hiérarchie particulièrement défaillante, à travers une enquête approfondie dans le cadre du CHSCT (cf. communiqué intersyndical du 13 novembre dernier).

Si les agents en poste à l’époque n’étaient pas en capacité de dénoncer certains faits connus de tous, faits qui ont conduit Monsieur Nègre à renoncer, au bout de six mois à peine, à ses fonctions de sous-directeur au sein de la direction générale de la Fonction publique et à réintégrer le ministère de la Culture dans des fonctions nettement moins prestigieuses, les plus hautes autorités administratives de l’époque étaient, elles, en capacité de le faire.

La décision de réintégrer cet agent coupable de faits délictueux puis de lui donner des fonctions hiérarchiques a généré de nouvelles victimes. Et nous leur devons des éclaircissements sur les causes et les manquements qui ont eu de si graves conséquences.

Nous ne manquerons pas, par tous les moyens possibles, d’obtenir des réponses à nos questions et à celles, d’autant plus légitimes, que se posent les victimes de cette affaire dramatique.

Vous pouvez compter sur notre engagement individuel et collectif.

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