Il n’aura pas fallu attendre longtemps après l’arrivée de la nouvelle direction pour voir se dégrader rapidement le climat social aux Beaux-Arts de Paris, qui s’était pourtant largement amélioré durant la direction précédente. Nous constatons aujourd’hui qu’une nouvelle et énième crise s’ouvre dans l’établissement, entièrement du fait de la nouvelle gouvernance.
Ainsi, alors que deux de leurs camarades sont menacés de sanctions disciplinaires, voire d’exclusion, après avoir manifesté leur mécontentement vis-à-vis de la nouvelle direction et leur soutien au peuple palestinien, dans le cadre d’actions collectives au sein de l’école le week-end des 7-8 février, un grand rassemblement étudiant visant à les soutenir a eu lieu le 11 février dans les jardins de la direction. Il traduit la coupure de plus en plus béante qui ne cesse de s’accroître entre une direction autoritaire et une communauté étudiante brimée et empêchée dans ses expressions légitimes.
Des décisions brutales, sans discussion préalable avec les principaux concernés, ont été prises en effet au détriment de la communauté étudiante : suppression des ateliers ouverts qui clôturent traditionnellement l’année scolaire ; menace de fermeture du café Héloïse, cogéré par les communautés étudiantes des Beaux-Arts et de l’école d’architecture Paris-Malaquais ; suppression quasi-automatique des redoublements ; fermeture du canal de communication par messagerie interne vers l’ensemble de la communauté étudiante ; remise en question du droit de manifestation…
Parallèlement, une même dégradation est palpable dans les services de l’établissement, où un management extrêmement vertical se fait de plus en plus ressentir, témoignant d’une suspicion généralisée vis-à-vis des agents : opacité d’un comité de direction devenu cabinet secret d’où rien ne filtre ; menace sur le droit au télétravail ; multiplication des convocations et recadrages d’agents mis sous pression ; décisions prises sans concertation avec les agents des services concernés…
Enfin, nous constatons que les grands problèmes bâtimentaires ne sont toujours pas résolus, plongeant l’ensemble des communautés dans une grande incertitude. Les projets ambitieux ont beau se déployer sur des Power Point, ils paraissent inatteignables faute de financement, et ne répondent pas aux principales préoccupations des agents sur leur avenir à court terme.
La FSU dénonce l’exercie de l’autorité de la direction actuelle qui ne fait qu’aggraver une situation de base difficile. Elle soutient le droit à manifestation des communautés de l’établissement, particulièrement dans leur soutien à tous les peuples opprimés et victimes de la guerre. Elle demande enfin à prendre en considération les expressions de mécontentement afin d’entrer dans de vraies discussions plutôt que chercher à les effacer par des décisions punitives.
