Alors que les agressions violentes menées par l’extrême droite se multiplient (rien que ce dernier week-end un meurtre raciste dans le Var, une attaque de néonazis à la féria d’Alès) les idées nauséabondes remplissent les champs médiatiques et politiques. Le gouvernement allume chaque semaine des contre-feux aux relents racistes pour masquer derrière des écrans de fumée les crises sociales et environnementales que leurs politiques ne font qu’aggraver.

Une partie de nos organisations syndicales, la CGT et la FSU appelle d’ailleurs aujourd’hui 5 juin à une journée de mobilisation pour le retrait de la réforme des retraites et pour des hausses de salaires dignes !

Notre ministère, celui de la culture devrait porter des valeurs émancipatrices et l’action culturelle devrait porter des politiques à visée de progrès et d’insertion sociale. Mais que porte aujourd’hui le ministère de Mme Dati ?

Une augmentation brutale et généralisée des tarifs d’entrée dans les musées et monuments nationaux dans les musées et monuments nationaux.

C’est un coup porté à l’accès universel à la culture.

Nous dénonçons en particuliers la mesure visant les visiteurs extra-européens qui devraient payer plus cher leurs entrées. Une telle logique, fondée sur l’origine géographique, est discriminatoire. Elle n’a pas sa place dans un service public culturel. Elle rompt avec les principes d’universalité, d’égalité et d’ouverture qui fondent nos institutions.

Quel signal envoyé au monde lorsqu’on fait payer davantage un touriste venu de plus loin ? Quelle honte de faire payer plus cher des visiteurs venus de loin admirer des œuvres ramenées de loin à l’époque où l’Europe pillait le monde…

Rachida Dati a décidé de mettre en place la préférence nationale pour le patrimoine de toute l’humanité.

Quelle image désastreuse pour notre ministère…

Un ministère à l’image déjà écornée par sa ministre mise en examen pour « corruption » et « trafic d’influence » ?

Avec les conséquences de désastreux choix budgétaires et l’oubli de l’intérêt général, le trafic d’influence est justement au cœur de la crise qui traverse aujourd’hui le secteur de l’archéologie.

Là aussi le poids des lobbys. Les injonctions du ministère de la culture à ses agents en DRAC pour les forcer à adapter le nombre et la nature des opérations d’archéologie aux moyens d’intervention, volontairement diminués, des opérateurs publics, en choisissant au passage de faire un cadeau au lobby des énergéticiens… Les changements de législation pour exempter de certaines contraintes du code du patrimoine les plus puissants des aménageurs et faire porter aux plus petits seulement les contraintes réglementaires de l’archéologie pourtant issues des engagements internationaux de la France.

Dans ces conditions, avec ces exemples, comment concevoir que les agents sous-payés, mal équipés, dans des services en sous-effectif récurrents continuent de porter – et pendant combien de temps encore ? leurs missions de service publique comme ils l’ont toujours fait, y compris en traversants les graves crises que nous avons traversé ces dernières années ?

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