MOIS DES FIERTÉS 2026, Nos luttes sont une seule et même lutte

Juin est le mois des fiertés. Partout en France, dans des dizaines de villes, des milliers de personnes descendent dans la rue pour affirmer leur droit à exister, à aimer, à vivre dignement. Pour le SNAC-FSU Culture, ces marches ne sont pas qu’un folklore festif : elles sont l’expression d’une exigence politique fondamentale, dans le prolongement direct de toutes les luttes que nous menons au quotidien.

Chaque semaine, retrouvez sur le site FSU Culture notre frise chronologique retraçant la lutte pour les droits LGBTQIA+ {www}

Un seul combat : de Beauvoir aux marches arc-en-ciel

Le mouvement LGBTQIA+ s’inscrit dans la droite ligne des luttes féministes. Les deux combats partagent une même matrice : refuser que des normes sociales imposées sur le genre, le corps, le désir, les rôles, déterminent la valeur d’un être humain et limitent l’accès aux droits. Quand les féministes ont réclamé l’égalité salariale, l’autonomie corporelle et la fin des violences sexistes, elles ont ouvert la voie sur laquelle marchent aujourd’hui toutes celles et ceux qui revendiquent le droit d’être soi.

L’hétéronormativité et le patriarcat sont les deux faces d’une même médaille : ils fabriquent des hiérarchies entre les corps, sanctionnent les écarts à la norme et légitiment et banalisent les violences. C’est pourquoi les organisations féministes et LGBTQIA+ ont depuis longtemps reconnu leur solidarité structurelle : on ne peut pas défendre les femmes sans défendre les personnes trans, non binaires, intersexes, gaies ou lesbiennes et réciproquement.

« La liberté de l’une est la condition de la liberté de tou·te·s. »

La lutte syndicale : socle des droits, matrice des libertés

C’est pourquoi le SNAC-FSU Culture porte, avec la FSU, une conception intersectionnelle et solidaire des droits : le droit à une retraite digne, le droit à des conditions de travail saines, le droit à ne pas être discriminé·e en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre sont des luttes indissociables. Aucune ne peut attendre que les autres soient gagnées.

Des violences qui ne reculent pas

Alors que nous fêtons les fiertés, la réalité des violences lgbtphobes reste accablante.

Selon le ministère de l’Intérieur, les infractions anti-LGBT+ ont dépassé 4 800 actes en France en 2024, dont près des deux tiers relèvent de crimes ou délits. La 29° édition du rapport annuel de SOS Homophobie recense186 agressions physiques en 2024 : coups et blessures (66 % des cas), agressions sexuelles ou viols (12 %), voire meurtres. Ces chiffres ne mesurent que les cas signalés : la réalité est bien plus large.

Derrière ces statistiques, il y a des vies brisées, des visages, des noms – et un sentiment légitime de défiance envers des institutions qui peinent encore à nommer les haines pour ce qu’elles sont.

Metz, début juin 2026 : une mort qui nous oblige

Le parquet de Metz n’a pas encore retenu officiellement le mobile homophobe à ce stade de l’enquête, tout en précisant que la qualification pénale pourrait évoluer si des éléments viennent l’étayer. L’association Couleurs Gaïesa réuni près de 200 personnes pour rendre hommage à la victime et dénoncer les haines anti-LGBT+. L’association STOP Homophobie a évoqué une « agression homophobe d’une extrême violence ».

Ce jeune homme avait 19 ans. Il passait dans la rue. Aucune minute de silence ne lui a été accordée à l’Assemblée nationale.

Deux poids, deux mesures : l’État et ses silences choisis

Rappelons-nous. En février 2026, le militant d’extrême droite Quentin Deranque, 23 ans, décédait à Lyon à la suite d’une rixe avec des antifascistes en marge d’un événement près de Sciences Po. Dès le lendemain, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, organisait une minute de silence dans l’hémicycle. Son visage était projeté en grand sur la façade de l’hôtel de région de Lyon. Des milliers de militants d’extrême droite, dont certains ouvertement néo-nazis, défilaient dans les rues.

Une enquête de Mediapart a ensuite révélé que Quentin Deranque était l’auteur de milliers de publications racistes, antisémites et pro-nazies sur les réseaux sociaux. La présidente de l’Assemblée nationale s’est déclarée « horrifiée » après ces révélations. Le mal était fait.

Toutes les victimes ne se valent pas aux yeux de l’État. Un militant néo-nazi reçoit une minute de silence à l’Assemblée nationale. Un jeune homme de 19 ans mort après des insultes homophobes : rien.

Ce deux poids, deux mesures n’est pas un accident. Il dit quelque chose de la hiérarchie des vies dans ce pays, de ce que l’État considère comme une mort qui compte – et de ce qu’il préfère laisser dans l’ombre. Le SNAC-FSU Culture refuse cette hiérarchie. Toute vie vaut. Toute mort violente doit être nommée.

Marcher, c’est résister

En ce mois de juin, nous appelons les agent·es et représentant·es du ministère de la Culture et de ses établissements à rejoindre les marches des fiertés dans leur ville. Défiler, c’est affirmer que les droits LGBTQIA+ sont des droits humains fondamentaux – pas des privilèges, pas des caprices, mais les conditions du droit à exister pleinement.

C’est aussi rappeler que le mouvement syndical a toujours été à l’avant-garde des luttes pour la dignité. Ce combat est le nôtre.

Toutes les dates des marches des fiertés en France :

www.gaypride.fr/pride-2026