UNIVERSCIENCE : La cour des compte confirme la casse organisée

Le rapport est tombé le mardi 7 juillet. Après avoir passé au crible les exercices 2018 à 2025, la Cour des comptes dresse un constat sans concession : Universcience « souffre à la fois d’un manque global d’efficience et d’un progressif éloignement de sa vocation initiale ». 

Traduction : l’établissement s’enfonce, et personne du côté de l’État ne semble pressé de le retenir.

Un trou de 50 millions d’euros

Depuis 2020, Universcience (établissement qui regroupe le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie) a accumulé près de 50 millions d’euros de déficit. Rien qu’en 2025, il atteint 19,5 millions d’euros. Entre 2018 et 2024, les recettes ont reculé de 7,1 % pendant que les charges progressaient de 10,4 %. La Cour évoque sans détour un risque de rupture de trésorerie à très brève échéance.

Faut-il rappeler que 2024 a aussi vu une coupe brutale de 13 millions d’euros sur la subvention de fonctionnement, en cours d’exercice ? Bruno Maquart, alors président, le confirme dans sa réponse : Universcience a subi « un rabot sans commune mesure avec celui appliqué aux autres opérateurs culturels », une perte de plus de 21 % sur la période. Voilà pour la version officielle de la « mauvaise gestion ».

Le Palais de la découverte, otage d’une guerre de tutelle

Le Palais de la découverte est fermé depuis 2020. Sa rénovation, chiffrée à 47 millions d’euros, s’est enlisée dans un conflit ouvert avec GrandPalaisRmn, qui a un temps envisagé de le déloger purement et simplement de ses murs historiques. Le maintien sur site n’a été acté par le gouvernement qu’à la fin 2025.

Reste la question qui bloque tout : combien le Palais devra-t-il payer pour occuper les lieux ? GrandPalaisRmn réclame une redevance d’occupation de 1,5 million d’euros par an, soit la totalité des recettes de billetterie annuelles du Palais. La seule « hésitation stratégique » de la tutelle en 2025 sur la réouverture a déjà coûté 0,7 million d’euros à l’établissement. La réouverture est désormais fixée à mars 2027, pour les 90 ans du Palais.

La Cité des sciences dans l’impasse

La Cité des sciences a, selon les magistrats, « trop d’espaces et mal répartis ». Le coût de sa rénovation, estimé entre 1,3 et 1,6 milliard d’euros, est jugé « pas soutenable ». Une piste de rénovation « frugale », confiée aux architectes Lacaton et Vassal et dévoilée début 2026, permettrait de diviser la facture par deux. La Cour trouve l’hypothèse « encourageante » mais demande qu’elle soit consolidée, et surtout que les ministères de tutelle s’impliquent enfin.

Le vrai problème : deux ministères aux abonnés absents

Le rapport le dit noir sur blanc : Universcience « n’est une priorité pour aucun » des deux ministères qui le pilotent, ni la Culture ni l’Enseignement supérieur et la Recherche. C’est bien là que se trouve la racine du mal : un établissement ballotté entre deux tutelles, sans arbitrage clair ni engagement financier durable, depuis des années.

Le climat social, angle mort du rapport

La Cour relève un absentéisme élevé chez les agent·es non cadres, un dialogue social « conflictuel », et une « forte augmentation des rémunérations » qui « n’empêche pas un climat social fortement dégradé ». Curieuse manière de poser le problème : les salaires augmentent, et les équipes vont plus mal ?

On peut aussi lire ce chiffre autrement. Après des années de fermeture, de réorganisations et d’incertitude sur l’avenir du Palais, l’épuisement des équipes n’a rien d’un mystère. La rémunération n’est pas le problème. Le vrai problème, c’est l’absence de perspective. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, « souscrit pleinement » aux recommandations de la Cour : recentrer les missions, « maîtriser la masse salariale », hiérarchiser les investissements. Traduit en langage syndical, cela ressemble surtout à une annonce de nouvelles coupes à venir.

La présidente d’Universcience, Sylvie Retailleau, en poste depuis fin 2025 en remplacement de Bruno Maquart (démis de ses fonctions sur fond de désaccord précisément sur l’avenir du Palais), reconnaît l’urgence budgétaire et promet un effort « inédit », tout en rappelant que « le soutien de l’État sera capital dans les prochaines années ».

     

La FSU-Culture exige :
  • Un arbitrage rapide et transparent entre Universcience et GrandPalaisRmn sur la redevance d’occupation du Palais de la découverte, pour ne pas hypothéquer la réouverture de mars 2027.
  • Le rétablissement d’une subvention de fonctionnement à la hauteur des missions de l’établissement, sans coupe disproportionnée par rapport aux autres opérateurs culturels.
  • Un engagement financier ferme et pluriannuel des deux ministères de tutelle sur la rénovation de la Cité des sciences.
  • La reconnaissance des conditions de travail dégradées comme cause de l’absentéisme.
  • L’arrêt de toute nouvelle suppression de poste tant que la situation sociale n’aura pas été traitée sérieusement.

      

LA CULTURE SCIENTIFIQUE EST UN BIEN COMMUN, PAS UNE VARIABLE D’AJUSTEMENT.

DÉFENDONS UNIVERSCIENCE ET SES AGENT·ES !

   


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