Il est temps de refuser la haine et le mépris social et d’affirmer haut et fort notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité !
La FSU Culture dénonce la multiplication des interdictions de manifestations émises la semaine dernière suite aux déclarations d’Emmanuel Macron.
Ces arrêtés portent atteinte aux libertés fondamentales garanties par la constitution dont le président est censé être le garant.
Il a annoncé que toutes les manifestations seraient interdites, sauf certaines organisées par les syndicats.
Mais dans quelle démocratie le pouvoir exécutif choisit ses opposants autorisés ?
A Lyon, Bordeaux ou Montpellier des manifestations déclarées par des organisations syndicales ont pourtant été interdites. Mais elles ont eu lieu.
Et les manifestantes et manifestants n’ont pas failli, ils étaient nombreux…
« Je ne dirais pas que c’est un échec, mais ça n’a pas marché »
Les mesures répressives, les interdictions de manifester, les couvre-feux, les stigmatisations n’ont pas affaibli la mobilisation sociale samedi 24 octobre.
Malgré la brutale répression policière de ces dernières semaines, malgré des dizaines d’interdictions de manifester, malgré de nombreux changements de parcours de dernière minutes (comme à Paris), les manifestant·es étaient entre 500 et 800 000 samedi, soit sensiblement le même nombre que le 17 octobre.
Et partout une jeunesse très mobilisée, soutenue par les organisations syndicales et largement accompagnée par les citoyennes et citoyens non résignés, ont, tous ensemble :
– revendiqué un avenir pour la jeunesse : des moyens pour l’éducation et plus d’égalité pour les étudiants,
– réclamé des moyens pour les services publics,
– revendiqué des mesures immédiates contre la vie chère et pour le pouvoir d’achat,
– dénoncé la dérive autoritaire du gouvernement et les violences policières,
– et clamé partout leur refus de l’extrême droite.
Quand manifester n’est plus un droit… cela devient un devoir !
A la suite du désir présidentiel d’interdire les manifestations, nous apprenions que les membres du gouvernements prenaient part tour à tour « la course à l’échalote de la démocrature » : le ministre de l’intérieur, qui refusait d’assumer son rôle dans la répression indiscriminée et sa responsabilité dans le fiasco de la gestion du 17 octobre, aurait tenté de manipuler les notes des renseignements pour incriminer certains partis de gauche … le ministre de la justice, qui annonçait la création d’une plateforme pour faciliter la délation afin d’identifier des personnes soupçonnées de violences, de dégradations ou de pillages… et pour finir, le premier ministre, qui après avoir officiellement demandé et autorisé la mise en place de couvre-feux dans de nombreuses villes, aurait demandé jeudi dernier aux quatre opérateurs français de télécommunication de se tenir prêts à suspendre temporairement l’accès aux réseaux sociaux, décision qu’il envisageait possible « le week-end des 24 et 25 octobre, en fonction du contexte opérationnel ».
Avec inquiétude, nous regrettons ces dérives qui nous éloignent de l’état de droit (celui que l’ex ministre de l’intérieur déclarait « ni intangible ni sacré »…).
Avec inquiétude, nous observons un pouvoir à bout de course qui plutôt que de chercher à calmer la colère sociale légitime, choisit « en même temps » de souffler sur les braises et de casser les thermomètres pour tenter de masquer l’ardeur de la colère sociale…
Des nervis lâchés dans les rues…
Le lendemain même d’un abominable attentat terroriste raciste des milliers de manifestant·es ont pu observer la mansuétude, voir la complicité, de la police face à l’extrême droite la plus radicale.
Avec inquiétude, et colère, nous dénonçons les attaques des groupuscules d’extrême droite aux abords des cortèges. Samedi 24 octobre, dans plus d’une quinzaine de villes, des manifestants pacifiques ont été agressés par des individus violents et racistes, organisés en milices, protégées, ou laissées tranquilles, par les forces de « l’ordre ». Nous exigeons une enquête nationale sur ces manquements graves observés ou des complicités supposées à Nice, Montpellier, Lille, Nantes, Rennes, Dijon, Bordeaux, Bayonne, Tours, Rouen, Toulouse, Caen, Clermont-Ferrand, Lyon, Bordeaux et Brest.
Nous restons déterminés !
Depuis des semaines, la FSU a été mobilisée et présente aux côtés des jeunes, devant les établissements scolaires et dans les manifestations, pour soutenir des revendications légitimes.
La FSU redit sa colère de voir des lycéens et des étudiants aux prises avec une répression disproportionnée, comme les manifestant·es, dont ses militant·es malmenées voire blessées par des policiers dans des cortèges pourtant très organisés.
La restriction des libertés et les violences policières ne peuvent tenir lieu de réponse à la colère sociale.
Les manifestations organisées ces dernières semaines étaient joyeuses, festives et déterminées, cela doit continuer.
Le droit constitutionnel de manifester doit être garanti par l’État et ses forces de police ont pour fonction d’assurer la sécurité et la liberté de manifester.
Le choix de la répression est le signe de la faiblesse du gouvernement, piégé dans l’impasse politique et sociale de l’austérité budgétaire.
C’est pourquoi, la FSU reste mobilisée pour les salaires et les services publics et appelle les personnels de la fonction publique à amplifier la mobilisation en s’engageant massivement dans la grève et les manifestations le 5 novembre et à discuter sur les lieux de travail des suites de cette journée.
Elle dépose un préavis de grève pour l’ensemble du mois de novembre et proposera à ses partenaires syndicaux d’amplifier la mobilisation.
…il fait trop sombre aux pays des lumières.
Quelques sources :
LIBERATION (25/10) : Attaques d’extrême droite contre des cortèges du 24 octobre : à Nancy, Rouen ou Montpellier, l’attitude des forces de l’ordre en question
LE MONDE (25/10) : Manifestations du 24 octobre : enquête ouverte à Nice contre des membres de la mouvance d’ultradroite après des agressions de manifestants
BLAST (24/10) : Le premier ministre a préparé la coupure des réseaux sociaux pour le 24 octobre
MEDIAPART (19/10) : « On nous demande d’écrire que LFI est derrière le mouvement » : autour du 17 octobre, la fabrique d’un bouc émissaire
