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Encore une « affaire » de harcèlement dans un établissement du Ministère de la Culture.

Quand le rayonnement de la Culture alimente les pages des faits divers.

Une fois de plus, on apprend par la presse qu’un président d’un établissement culturel est visé par une enquête pour harcèlement. Le Mucem, Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, dont nous avons largement critiqué la dérégulation du cadre d’emploi (statutaire, contractuel, privé, auto entreprenariat, alternance, apprentissage, en attente d’autres cadres) prend sa place dans la liste des mis en cause. (articles cf. en infra )

La prévention en panne d’objectif, de moyen et de résultat.

Cela fait trop longtemps que l’on alerte sur des dysfonctionnements manifestes constatés dans des établissements dont la liberté de gestion permet de dissimuler au mieux des « situations embarrassantes » au pire de les nier. Alors on applique bien la méthode, on fait de la sensibilisation au VHSS, violences et harcèlements sexistes et sexuels, comme on coche une case dans un questionnaire pour avoir un bon point. On le fait vite, en surface, pour dire qu’on fait des choses mais sans en vérifier l’impact.

Soyons réalistes, une note de service n’a jamais empêché personne de harceler qui que ce soit. Le problème réside aussi dans l’organisation du travail que l’on doit questionner pour permettre d’éviter les dérives. Trop souvent, les services avancent sans contrôle et parfois sans pilote.

Tant que la santé des agents sera considérée comme secondaire, tant qu’on la sacrifie au profit de la « vitrine culturelle » et de son fameux rayonnement, rien ne changera.

La prévention de toutes les formes de harcèlement ne suffit apparemment toujours pas à éviter ces situations inacceptables.

L’administration aime cependant rappeler qu’elle met en place des formations obligatoires. Très bien. Mais est-ce que quelqu’un, a une seule fois, vérifié si celles-ci servaient à quelque chose ? A-t-on mesuré leur effet réel sur les comportements ? Ou sont-elles surtout organisées pour se couvrir juridiquement en cas de problème ?

La FSU-Culture et les personnels aimeraient des réponses honnêtes. Cocher une case sur un plan de formation n’a jamais protégé personne ni changé les mentalités en profondeur. Est-ce que réaffecter un harceleur, ou un agresseur, peut garantir qu’il n’y aura pas de récidive ?

L’engagement de former les encadrants (chef de service, directeur, chefs d’établissements), présenté avec toute la sincérité possible, devrait nous rassurer, malheureusement n’est en fait qu’une pauvre méthode Coué comme une auto assurance pour éloigner de tout danger.

Agir dans la bonne direction et faire disparaître l’impunité et la complaisance.

Le temps des grandes déclarations est dépassé, nous devons collectivement exiger l’application rapide de principes indispensables au rétablissement de la confiance et au droit essentiel de travailler dans de bonnes conditions. Nous exigeons :

La honte doit changer de camp. La FSU Culture espère que les résultats des enquêtes en cours donneront lieu à une véritable communication à destination des agents concernés et que si les faits étaient avérés les sanctions soient exemplaires.

Si vous êtes victime ou témoin de harcèlement, ne subissez pas dans le silence, parlez-en. Ne restez pas seule. Ne restez pas seul. La FSU Culture avec les autres organisations syndicales sont présentes et engagées. Pour vous écouter, pour vous accompagner. Et bien sûr pour vous soutenir et vous aider à faire entendre votre parole.

Votre santé passe avant tout le reste.

La FSU-Culture. Pour un service public de la culture, sans violence, ni harcèlement.

           

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